Ginette Valprémy

Issue d’un petit village du Périgord, La Roche Chabrelle, fille et petite fille de paysans et de couturières ancrés dans le terroir, Ginette Valprémy, passionnée de couture avait aussi sa terre natale chevillée à l'âme.

Organisatrice née, énergique et perfectionniste, elle crée en 1964 dans son quartier de La Croix Ferrade (Trélissac), sous l’impulsion du Majoral du Félibrige Marcel Fournier, le groupe de danses, chants et musique traditionnels, " Lous Chabridous ", reconnu par la suite pour la qualité de ses prestations et sa rigueur dans l'exactitude des costumes.

Elle le dirige une vingtaine d’années et, à travers le Périgord et l'Occitanie, le mène à la cour d'amour des Félibrées ou celle de la Sainte Estelle, sur la scène des petits villages de nos campagnes, au Palais des fêtes de Périgueux, jusqu’aux États Unis et en Allemagne.

Éprise d’authenticité, elle sillonne le Périgord durant cette période, à la recherche de musiques, chants, danses, histoires à recréer sur scène, mais aussi : pièces anciennes et authentiques : costumes, coiffes, outils, objets divers ayant trait à la vie et à l'artisanat au XIXème siècle en Périgord. Elle recueille ainsi un trésor de témoignages sur la culture régionale, qu’elle s’attache à transmettre aux jeunes générations.

Dès 1970, elle intervient dans les sessions de " Connaissance de la France, Découverte du Périgord " à l’École normale de Périgueux, organise les rencontres de ménétriers en 1976, des expositions de costumes à Ribérac et Tocane Saint Apre en 1984, ainsi que des journées de création du costume à Douchapt en 1989. En 1990 elle dispense des séances de langue occitane à l’école primaire de Douchapt et au collège de Tocane Saint Apre.

Reconnue pour ses connaissances et ses compétences, Ginette Valprémy est élue mainteneur, secrétaire du " Bournat du Périgord " de 1973 à 1979, puis vice présidente pendant cinq ans. Elle est nommée Maître d’œuvre du Félibrige, " Cigale d’argent ", à la Sainte Estelle de Monaco le 17 juin 1976. Son travail pédagogique auprès des jeunes générations se voit consacré par l’attribution des Palmes académiques en 1992.

Retirée à Douchapt en 1980, son village de coeur, elle écrit et publie en 1987, son premier livre : " Costumes et coiffes du Périgord ". Réédité en 1999, il constitue une référence en matière de confection de costumes traditionnels.

Comme un prolongement à cet ouvrage, un legs aux générations futures, Ginette Valprémy, décide d'ouvrir sa collection personnelle au public. Elle organise plusieurs expositions à Ribérac et Tocane Saint Apre. En 1988 la municipalité de Tocane Saint Apre met alors à sa disposition, afin de créer un musée, trois salles au deuxième étage de l'hôtel Paradol, une magnifique demeure du XVIIème siècle en cours de rénovation.

Le 15 mai 1997, après huit ans de préparation, le Musée du costume périgordin et de son artisanat au XIXème siècle, " La mémoire des greniers " ouvre ses portes.

Cette très belle collection, de coiffes, habits de cérémonie ou de la vie quotidienne, vêtements d'enfants, objets et accessoires, y est dès lors magnifiquement exposée et nous fait découvrir avec beaucoup d'émotion, à travers ses larges vitrines ses tours et ses petites niches creusées dans la pierre, la vie et les coutumes de nos anciens.